jeudi 18 décembre 2008

Bienvenue chez les Ari




Les Ari vivent dans la région de Jinka, la ville la plus importante du sud, après Arba Minch; mais ici point d'exotisme, les hommes sont en jeans, les femmes ont une allure plus citadine, longue jupe ou pantalon et ti-shirt. Il y a 5 ans, me dit Santi, ils étaient comme les Banna et les Hamer, mais la civilisation les a atteints; ils vont à l'école, ils évoluent très vite, dans l'habillement, le style de vie; beaucoup de traditions se perdent, c'est difficile de décider si c'est bien ou pas bien...


Wendy, mon guide local, est un jeune homme souriant au physique avantageux, que je verrais bien habillé comme les Banna (ou plutôt déshabillé); la petite boucle d'oreille est son seul ornement corporel. Son anglais est parfait, il veut faire des études après la "high school", à l'université d'Addis. Et devenir ingénieur agricole pour faire progresser sa région.


Il se dit catholique, mais son père a trois femmes, et lui envisage la polygamie sans état d'âme; il m'explique la présence de nombreuses sectes protestantes dans la région, et que , dans chaque famille, on fait des choix souvent différents; il n'est pas rare que les enfants embrassent une autre religion que les parents, et cela dans une apparente entente...


Je me pose la question: la "civilisation" arrive-t-elle sous l'influence des sectes religieuses ???
Avec lui je visite le musée de Jinka, installé par des ethnologues occidentaux; passionnant musée, expliquant en long et en large les traditions de toutes les ethnies du sud.

La Suisse à Dimeka...


Dans la cabane recouverte de tôle qui sert de café-restaurant, une vue de Suisse ! Comment ce chromo est arrivé jusqu'ici, mystère ! Santi me questionne: c'est vraiment comme ça , la Suisse ? Il y a de la neige sur les montagnes ? Tout le temps ? A la même altitude , en Ethiopie, on cultive les haricots... Et les maisons tout en bois ? Pour des fermiers ? Ici les fermiers vivent dans des cases et sont les pauvres des pauvres; s'ilpleut en suffisance, ils auront à manger pour un an... S'il ne pleut pas, ce qui arrive à peu près tous les 10 ans, ils n'ont pas de réserves, et c'est la famine.

Bienvenue chez les Hamer (1)




Mon premier vrai contact avec les Hamer: le marché de Dimeka.


Mon guide local était un ado particulièrement déluré, qui s'est amusé à faire quelques photos (que je n'ai pas dû payer...); il s'est pas mal débrouillé sauf qu'il a photographié en prime queqlues touristes, ce que j'évite toujours !


Les femmes Hamer sont reconnaissables à leurs cheveux rouges, et aussi aux cicatrices qu'elle arborent sur le dos. Elles sont d'une grande beauté, fières et très conscientes de leur appartenance à un groupe unique en son genre.
Le double collier métallique signifie que la femme est mariée, le collier en pointe qu'elle est la première épouse.


Les hommes sont très attachés à leur apparence extérieure, couverts de bijoux et de peintures corporelles (observez les jambes peintes en blanc, on dirait un collant); ils ne quittent pas leur tabouret, et leurs coiffures en argile sont de vrais petits chefs d'oeuvre.


Grâce à mon petit guide, qui servait d'interprête, j'ai engagé la conversation avec un Hamer vendeur de vaches; il s'est intéressé à mon pays, et surtout au nombre de vaches que je possédais...

mercredi 17 décembre 2008

L'oiseau bleu


Je l'ai rencontré, à Weito, libre et heureux.

La demoiselle karo




Je n'ai pas visité de village karo (ce sera pour la prochaine fois); mais j'ai rencontré cette demoiselle au marché de Dimeka. Comme je vous le disais précédemment, rien ne se perd en Ethiopie; percing original, on introduit un clou (c'est vraiment un clou), et on en change comme de boucle d'oreille ! chez les Dassanetch, on préfère une plume...

Mésaventure chez les Mursi


Toutes les photos chez les Mursi, je les ai payées, oui vous avez bien lu, je les ai payées, ainsi que l'accès au village, quatre méchantes cases de paille. C'est le grand business mursi, qui rapporte plus que l'élevage.

Cette photo, par contre, a une histoire; c'était avant d'embarquer le scout, et je vois le groupe de Mursi se détachant sur le chemin; je me dis, chouette photo, et gratuite.

C'était compter sans l'oeil de lynx d'un des farouches guerriers, qui s'est planté devant la voiture, lance dirigée sur le parebrise, l'air menaçant.

Santi a bien dû stopper ! A commencé alors un vrai dialogue de sourds entre Santi et le guerrier, qui désormais pointait sa lance sur moi, l'un hurlant que je devais payer, et l'autre que je n'avais pas à payer pour photographier le paysage.

Fine mouche, Santi a attiré le guerrier près de sa portière, et la voie devenue libre, il a pu démarrer. Sa conclusion: s'il avait eu un fusil, tu payais....

Je n'ai qu'un regret: n'avoir pas osé filmer la scène !

Merci !

Merci pour les nombreux messages que je reçois à propos de mes photos ! Pas de commentaires mais une véritable inondation de félicitations sur ma messagerie. Je suis très touchée, encore merci !
En fait j'ai fait de mon mieux, et je ne suis pas satisfaite de tous les portraits. Faut dire aussi que les peuples de l'Omo sont une véritable mine d'or pour les photographes... Je vous mets dès ce soir l'eau à la bouche avec les videos sur le bulljump. Ce sera à la fin, cerise sur le gâteau.